Arabie Saudite Dans l’euphorie, certains observateurs commencent Ć parler de « printemps de Riyad » et de « postwahhabisme ». Mais le dĆ©senchantement intervient vite. DĆØs que la conjoncture Ć©conomique s’amĆ©liore et que la situation politique se clarifie, le rĆ©gime revient peu Ć peu aux fondamentaux et ferme la parenthĆØse « libĆ©rale ». AprĆØs 2011, les choses s’accĆ©lĆØrent. L’Arabie saoudite inaugure une « contre-rĆ©volution » prĆ©ventive, dont le fer de lance est le wahhabisme. Alors que les budgets de l’institution religieuse sont augmentĆ©s, les oppositions sĆ©culaire et islamiste sont muselĆ©es. Le rĆ©gime affiche Ć©galement son respect de l’orthodoxie wahhabite dans l’espace public, notamment en appliquant rigoureusement la peine de mort et les chĆ¢timents corporels, tout en promouvant le discours antichiite. En contrepartie, les oulĆ©mas font une petite concession : les femmes sont autorisĆ©es Ć voter aux Ć©lections municipale...
“The West won the world not by the superiority of its ideas or values or religion (to which few members of other civilizations were converted) but rather by its superiority in applying organized violence. Westerners often forget this fact; non-Westerners never do.” —Samuel P. Huntington, The Clash of Civilisation and the Remaking of the World Order, 1996, p. 51